samedi 21 novembre 2015

Yes you can: faire le sport que tu veux

Il y a 2 ans et demi, j'ai démarré la boxe anglaise. J'étais attirée par le côté contrastant avec tout ce qui me caractérisait à priori: j'avais fait de la danse pendant pas mal d'années, un chouilla de fitness, j'aimais les talons hauts et les trucs girly. Après 3 ans sans sport et quelques kilos accumulés durant mon stage à New York, j'ai eu envie de reprendre une activité et de me bouger. Mais surtout, j'ai eu envie de faire quelque chose de différent, de sortir de ma zone de confort. En boxe, on apprend à frapper. On apprend aussi à recevoir des coups. On apprend à se dépasser. On apprend à être résistant. On apprend à se muscler. On apprend à travailler son souffle. On apprend à se faire confiance et à choper un mental de gagnant. Même si j'aimais, ai toujours aimé et aime encore le fitness, j'avais très envie de faire un "vrai" sport, de me sentir part d'une discipline et d'un club. Si en plus la discipline était un énorme challenge, ça ne faisait que me motiver d'avantage. J'ai donc poussé la porte d'un cours de boxe anglaise pour un tout premier essai. 

Pour bien comprendre les enjeux, replaçons le contexte quand je suis arrivée à ce cours:
  • je n'avais pas fait de sport depuis 3 ans
  • je fumais à l'époque, et comme un pompier
  • je ne savais pas tenir de cardio
  • je ne savais pas faire une seule pompe
Et le contexte de ce tout premier cours:
  • on était environ 6 filles pour 40 mecs
  • les mecs en question faisaient pour la plupart le double de ma taille et de mon poids
  • la plupart étaient des sportifs endurants
  • la plupart faisaient de la boxe depuis un moment et avaient du niveau
  • la plupart venaient avec un/une pote et boxaient ensemble
  • je suis venue toute seule

Le cours commençait par 30 minutes d'un échauffement qui impliquait de courir (très grande salle), de faire des pompes, de faire des abdos, de faire du fractionné, du saute-mouton, de la brouette, de la gym suédoise, de tout. Après, on passait à 30 minutes de technique par deux et de "cardio boxing" (taper le plus vite possible dans les poings de l'autre en évitant de crever d'une crise cardiaque). Ensuite venait une heure "libre" où divers ateliers étaient disponibles. Celui de la muscu, pour travailler bras, fesses et abdos à grand renfort de poids, pompes et squats. Celui de frappe au sac, celui de cardio par notre coach Alex (corde à sauter et crossift), inaccessible pour mon niveau de cardio à l'époque, et enfin ceux qui s'entrainent ensemble en petits sparrings. J'ai vu les étoiles et la lumière blanche, j'ai toussé, suffoqué, souffert, galéré. Je me suis réveillée en pièce le lendemain. Mais la semaine suivante, je suis revenue. Je suis toujours revenue. 


Lorsqu'un an plus tard, j'ai ajouté du fitness à ma routine sportive, j'ai tenté plein de disciplines auxquelles je ne connaissais rien. J'ai franchi la porte d'une salle de gym, bardée d'habitués qui faisaient leur truc sur les machines. Je me suis pointée sur les machines avec mes petites notions de base en cardio et muscu et comme eux, j'ai fait mon truc. Je m'étais toujours dit que jamais je ne ferais de spinning (trop intense), de yoga (trop rasoir), de zumba (trop festif), de crossift (trop fatigant). J'ai pourtant fait tous ces cours plusieurs fois, parmi d'autres, en alternant. Je n'avais aucune pré-disposition pour bien pédaler (jambes de lopette), pour me plier dans tous les sens, remuer le popotin sur de la salsa ou soulever des altères. Mais j'étais curieuse d'apprendre, de découvrir et grand dieu combien je ne regrette pas! Depuis, j'ai choisi les disciplines qui me parlent le plus mais j'ai découvert énormément de cours très sympas, je me suis découverte face à de nouveaux challenges et j'ai découvert de quoi j'étais capable. Et je suis capable de bien plus que je ne le pensais au final. Mais surtout, je me suis lancée dans la boxe, la salle, ces cours, parce que je me disais:

Pourquoi pas moi?
Je vois bien trop de personnes désireuses de se lancer dans le sport, quel qu'il soit mais trop hésitantes. La peur d'avoir l'air ridicule parmi des sportifs plus confirmés, la peur d'y aller seul sans connaître personne, la peur d'avoir du mal à suivre et de ne pas avoir de niveau, la peur de morfler, la peur des moqueries... On va placer le contexte tout de suite:

- Si ce sont tes débuts en sport, quelque soit la discipline que tu choisis, tu vas morfler. Tu vas avoir du mal en souffle et rythme cardiaque, tu vas avoir du mal à forcer tes muscles, et tu auras encore plus mal le lendemain avec les courbatures. Démarrer le sport est toujours difficile au début car le corps n'est pas habitué et c'est parfaitement normal. Pour ne pas se décourager, il est essentiel de garder ces points à l'esprit: tout le monde a débuté un jour. Pour du vrai. Si tu démarres un cours et galères à l'exécuter, tu n'es pas une sportive nulle. Tu es simplement une sportive débutante, en voie de construction, comme nous l'avons toutes été dans le passé.

- Les gens s'en fichent de ta vie. Les autres sont là pour se défouler et faire leur sport, pas pour sonder les capacités des gens autour. Même si tu penses que tout le monde te regarde et se moque de toi, c'est purement dans ta tête, tout le monde s'en fout de toi. Ils sont bien trop occupés à souffrir en soulevant leur poids. Très sincèrement, je n'ai jamais vu ou perçu de moqueries vis à vis de moi ou d'autres dans mes différents cours ou séances en salle. J'ai eu un sentiment d'infériorité et d'appréhension au début, certes, mais qui ne venait que de moi.Et ça n'a pas duré.

- Entreprendre une activité seule, c'est parfois plus compliqué pour certains. Étant fille unique, j'ai plus l'habitude de faire des choses seules mais comme tout le monde, je préfère avoir des amis avec moi pour me divertir d'avantage. Cependant, aucun de mes amis n'était intéressé ou motivé de m'accompagner pour la boxe ou le fitness. Aurais-je dû arrêter le sport parce que je n'avais personne pour me tendre la main? Ce serait bien trop dommage! J'ai chopé mon iPod pour écouter de la musique ou iPad pour regarder Youtube et je m'occupais ainsi sur mes machines. Je me suis défoulée à des cours que j'aimais et le temps passait tout seul, mais j'ai aussi sympathisé avec beaucoup de gens alors que je suis de base très timide. Cela se fait naturellement sur le temps, à force de partager un hobby commun. 

- Pour rester motivée, c'est important de choisir un sport que tu aimes, car c'est ce qui t'aidera à tenir quand tu morfleras aux premières séances. Mais ne sous-estime pas les possibilités, il y a sûrement des sports que tu pourrais aimer sans le soupçonner. Va faire des cours d'essai, teste différentes disciplines, même des cours qui ne t'auraient jamais traversé l'esprit! Tu pourrais bien découvrir une nouvelle passion inattendue. Dans le pire des cas, tu auras bien bougé et ça te fera des souvenirs. Mais repousse tes limites et ta curiosité, vois plus loin et n'hésite pas à sortir de ta zone de confort.

On progresse très vite
Le choc est rude pour le corps lorsqu'il reprend une activité physique, ne le nions pas. Mais les progrès sont extrêmement rapides et après quelques séances, on peut déjà sentir le souffle et les muscles s'adapter! Ce qui était extrême au début semble d'un coup accessible, on sent qu'on gagne en force, en cardio, en assurance. Un peu de régularité suffit pour constater des progrès plus que significatifs et c'est réellement motivant de voir les bienfaits apportés au corps, à l'esprit et à la santé!


Cela vaut également pour les sports qui te semblent inaccessibles. J'étais relativement nulle à mes débuts en boxe, comme tout débutant (non je n'étais pas un jeune prodige qui a surpris toute la salle) mais je me suis toujours dit que j'allais progresser. J'aurais pu passer à un cours de fitness boxing pour avoir un niveau plus faible, j'aurais pu rejoindre un cours de boxe pour gonzesses pour me sentir plus à l'aise, mais c'était hors de question. Je tenais à me mettre la barre haut et il n'y avait pas de raison que je ne puisse pas faire aussi bien que les hommes. Je n'avais pas envie de me cantonner à une étiquette de pseudo-boxeuse en version soft car je me savais capable de faire mieux et j'y tenais. Au fil des mois, mon cardio est devenu excellent et mes muscles se sont développés. Ils se sont développés très en douceur à vrai dire, on ne construit pas des abdos et des biceps en deux mois mais pour qui persévère, les résultats finiront par venir.

Un an après mes débuts, je faisais l'échauffement sans trop de souci. Je savais faire des pompes (pas énormément, mais je savais en faire). Je savais faire tous les ateliers cardio intensifs d'Alex. J'ai fait connaissance en douceur avec les autres membres et certains gars ont commencé à me proposer de boxer ensemble en notant que mon niveau avait bien progressé. J'ai découvert que ce n'est pas parce que quelqu'un est une montagne de muscle qu'il ne peut pas être sympa et qu'il va me snober. Depuis mes débuts, j'ai déménagé cette année en Italie, puis sur Paris où je vis désormais. Chaque fois, j'ai dû m'inscrire dans un nouveau club de boxe. Chaque fois, je suis arrivée intimidée face à des têtes inconnues avec presque pas de filles et blindé de mecs gaulés comme des rugbymen, mais j'ai fait ma place en douceur et je continue dans mon club actuel.

Je me suis également mise au running en mai, dernière discipline ultime que je m'étais jurée de ne JAMAIS faire. Mais la salle de sport était fermée ce jour là, il avait plu donc impossible de faire du roller, alors j'ai enfilé des baskets et je suis allée courir. J'avais l'impression que tout le monde devait me trouver tarte, que je respirais sans doute comme une tortue asthmatique. J'ignore si c'était le cas mais de toute évidence, je courais comme une tortue asthmatique. Depuis, je cours à peu près chaque dimanche entre 5 et 7 kilomètres, à rythme modéré. C'est une petite session cardio plaisir pour éliminer un peu et m'aérer l'esprit, je fais pâle figure face à certains runners confirmés mais je m'en fiche. Je ne suis pas une runneuse nulle, je suis une runneuse en construction!

Et toi, quelle sportive en construction vas-tu être?

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